July 29, 2012

"Galactose…"

Mes yeux que la nuit asphyxie
Fixent les remous narcotiques
D’une infectieuse galaxie.
S’enroule spirale hypnotique
En une fosse enténébrée
Où nulle étoile ne scintille,
Mais rampe un peuple invertébré
S’insinuant parmi brindilles
Et matières anéanties.
Pourtant, ce cosmos insalubre
M’enivre plus qu’empuantit
Des sucs fragrants qu’il élucubre !

July 20, 2012

"Voie ès stress…"

Aucune route sans méandres
Ni dénouées bifurcations.
Chaque fois une intersection
Vient : un nouveau nœud à résoudre !

Pris au piège du temps, poursuivre
Sans jamais pouvoir reculer,
Sans jamais savoir où aller.
Quelle destination délivre ?

Le surplace ? Comme la mort,
Tentant, puis la voie des remords.
La seule option est d’avancer !

Souffrir aux croisées la violence
De déchirer présence, absence.
Alors un pas… les yeux fermés ?

July 18, 2012

"Garden-partie…"

Au jeu du noir et du blanc
Sur l’échiquier végétal
La nature avec élan
Avance son capital
De figures délicates
Et conclut chaque partie
D’un génial échec et mat
Sous mon regard ébahi

July 16, 2012

"Pantin t’amarre…"

Lors que j’errais dans le jardin,
En la nuit d’une frondaison
Vis une étrange floraison
À la peau claire tel blondin.

Exhibant cambrée marionnette,
L’arbre m’invitait au spectacle
Du hasard faiseur de miracles.
M’approchais de la silhouette…

Ô ce que je pris pour poupée
Me saluant dans la ramure,
Ne cachait qu’atroce blessure !

Mourant rameau déchiqueté
Où coagulait aux entailles
L’hémorragie de ses entrailles !

July 13, 2012

"L’à part de l’ombre…"

Tout est si calme. Les oiseaux se sont tus, les papillons posés, les souffles suspendus… Un bref instant le monde s’est arrêté. Tout est si calme… et pourtant… une bataille fait rage !

L’éternel combat sans issue pour la lumière qui affronte l’ombre ! Dans le calme. Tout est si calme. Vagues de blanc qui montent à l’assaut du noir, lâchant écume prise dans l’ébène. Deux armées du silence opposé à lui-même : celle du jour qui se tait en s’immisçant partout pour débusquer la nuit ; nuit percée qui ne gémit pas, ne dit rien, ne dit jamais rien.

Parce que l’ombre est indifférente, l’ombre ne se défend pas ! Sûre d’elle, comme la mort, calme, inéluctable, elle sait bien que son heure viendra. Elle vient toujours ! Parce que rien n’a de prise sur la nuit, rien ne peut l’effrayer. Pas même le temps, encore moins l’espace. L’ombre est intemporelle, universelle, infinie ; l’ombre est peur elle-même ! Qu’importe la lumière, qu’importe sa puissance, la nuit survie toujours, gagne tous ses duels. L’obscurité domine. Sans partage ! Submerge tout, aplanit tout, imposant la table rase d’un vide insondable, ni surface ni profondeur. On sait la nuit des temps, vieille maîtresse du néant, sombre matrice des étoiles. Quand la lumière pour briller, réclame l’obscurité, la nuit se suffit à elle-même – à la fois berceau et tombeau de la clarté, fondant l’univers.

On peut éteindre la lumière, l’affaiblir, l’enlaidir, la parer de couleurs ; on peut la détourner, la contrôler, la diriger et même la produire ! Elle est malléable, corvéable à merci, disciplinée. Mais pas l’ombre. Jamais ! La nuit n’obéit pas, ne faiblit pas, ne s’éteint pas. Jamais ! L’ombre est d’un seul tenant, égale à elle-même, indissociable, immuable. Tout autant qu’insaisissable ! La lumière peut être capturée, mais pas l’obscurité. C’est impossible ! On n’emprisonne pas ce qui est déjà là, partout, omniprésent – jusque sous la lumière, en embuscade. Toujours !

Même écrire est un rapport à l’ombre : pas du tout mettre noir sur blanc, mais gratter l’illumination, exhumant les ténèbres en dessous… toujours !

July 08, 2012

"L’épanchement…"

Langue de lave incandescente
S’immisce et goûte les coulisses
D’une forêt géométrique ;
S’insinue en la folle pente
Où se fissure le flanc lisse
Tombant aux grottes séraphiques.

Jusqu’à l’ivresse des secousses
Et du volcan ne tenant plus
Qui craque, explose et se répand
En larmes de feu, sur la mousse
Épuisée des creux dissolus ;
Son râle au loin se dissipant…