March 30, 2012

"Face au mur…"

Entre mers en plaques
Et rêches cieux à carreaux
Horizons de fer

March 27, 2012

"Ta page nocturne…"

Survivre au blanc.

Grelottant sous rares haillons ;
en résistance au souffle glacial qui ne les a pas arrachés puis dispersés dans l’inconnu ;
par aveuglement peut-être.

Survivre au noir.

Tenant à peine debout ;
sur frêles os ;
désormais si épuisés qu’ils ne supportent pas même l’ombre amaigrie de piètres fleurs ;
et se brisent !

March 26, 2012

"Marqueur mystique…"

Blanc cheveu épars ?
Recherche son ADN !
Peut-être est-il d’ange ?

March 25, 2012

"Déclenche heurt…"

Où l’ombre pleut la solitude
Sur des carreaux pour horizon
Se meut en rond la lassitude
Longeant les murs de sa prison

Noire araignée mise en sa toile
Entre des mats décapités
Immobile attend qu’une étoile
S’approche et tombe à sa portée

Fantôme osseux crispant sa main
Fouille l’esprit de ses doigts durs
De souvenirs grattés carmin
Laissant à vif trop de blessures

Bouche latente au cadre mort
Ouvrant son antre tuméfié
Goûte salée des lèvres au bord
Une eau de spleen acidifiée

Instant tanné pris au fer rouge
En l’épilogue d’une pose
Quand l’âme aveugle où rien ne bouge
Peint le tableau que l’œil compose

March 22, 2012

"Perturbation…"

Ce tonnerre-là est muet
Pestant sous d’arides nuées
Éphémères au firmament
Non plus les éblouissements
Mais l’indélébile stigmate
Des nuits froissant du papier mat

March 21, 2012

"Peine ombre…"

Des plus beaux sujets
Placés en pleine lumière
N’attire que l’ombre

March 19, 2012

"L’amer intérieur…"

À force de fixer l’alentour sans le voir
L’horizon s’atténue en un flou camaïeu
Dont la monotonie exaspérant les yeux
Lâche l’imaginaire hors de son écrin noir

Mon âme s’engloutit dans le vide infini
D’un faux ciel d’aquarelle inondé de nuages
Où sont anéantis les traits du paysage
Par le glabre ennuyeux d’un livide vernis

Sur ce vague océan lissé de toute étrave
Ma mémoire fêlée libère ses épaves
Ridicule armada de fétus insoumis

Et tandis que je sombre en l’onde silencieuse
Agrippée par les ongles à la paroi osseuse
Dans ma boîte crânienne une pensée gémit

March 17, 2012

"Absout lignage…"

L’hiver moribond
Sombre en sa tombe s’allonge
Cri du nouveau pré

March 14, 2012

"Redoux bleu…"

Quel qu’il fût l’hiver
Exhale déliquescent
Un parfum d’azur

March 13, 2012

"Clé de sol…"

Du pied le bout aveugle
Ausculte terrain vague
Hérisse l’épiderme
Caresse boutons durs
Odorante toison
Patauge en sécrétions
Dérape aux creux des reins
Et se tord la cheville
Le pied du bout s’ennuie
Tourne talons languit
Ses semelles de vent
À bout de son errance
Balance son appel

Croche patte au regard
Décroché de la lune
Allant mordre poussière
Au pied d’autres étoiles

March 12, 2012

"L’herbier…"

Collée au mur la fleur sèche
Végétal sur minéral
Mis en page à ciel ouvert
Par la saison botaniste

March 08, 2012

"S’en aller, retour…"

Blanc vaisseau fantôme
Contre souffle hissant suaire
S’enfonce en beau plat

March 07, 2012

"Pensées décomposées…"

Je vous ai vues sur les décombres
Offertes nues sous un rayon
Aux détritus clairs pavillons
De rêves crus dressés en l’ombre

Vous aviez l’air si apaisées
Tenons de chair à fleur de dune
Comme des fers en pleine lune
Rouillant en terre emmortaisés

Puis l’âme errant en votre ivoire
Surprit l’écran de ma mémoire
Élucubrant des souvenirs

Vos creux descend l’œil vagabond
Mais il ne sent nauséabond
Suc pourrissant des repentirs

March 06, 2012

"L’ascenseur…"

L’hiver beau joueur
Transmet à son successeur
Sa main de couleurs

March 05, 2012

"Brin perd et manque…"

Mon âme aujourd’hui est une branche cassée. Un morceau lui manque, tombé je ne sais où. Et tout ce qu’il a emporté me démange. Douleur d’un membre fantôme. Obsession lancinante d’une chose perdue, mais laquelle ?

Je tente des diversions : élucubre de nouveaux rameaux, leur invente des poses, méticuleux, insatisfait, jusqu’à l’épuisement. Mais ces embranchements demeurent nus et faméliques, sans espoir de bourgeons, moins encore de fleurs. Comme de l’os poreux, trop friable, trop près de la fracture, trop près de la douleur. Retour à la souffrance. À l’obsession lancinante d’une chose perdue, mais laquelle ?

Je tente des diversions. En vain. Le fragment disparu s’entête à exister, nie l’amputation, refuse l’oubli. Et mes pathétiques délires n’y font rien. Son absence me ronge. Son image me hante. Je le vois sur le sol, tombé je ne sais où. Il se décompose, nourrit un grouillement d’animalcules voraces. Crissement des mâchoires qui entament l’écorce. Et fait mal aux oreilles. Obsession lancinante d’une chose perdue, mais laquelle ?

Mon âme aujourd’hui est une branche cassée. Une part lui manque, égarée. À laquelle me relie toujours un nerf invisible. Fil tendu, conducteur, insécable, enraciné dans la matière grise qu’il blesse par ses vibrations. Élancements d’une dent arrachée, où la langue persiste à se cogner encore. Obsession lancinante d’une chose perdue, mais laquelle ?

March 01, 2012

"Prochainement…"

Dernier plan clôture
Sur la prochaine saison
Avant générique